Energie grise

QU’APPELLE-T-ON ENERGIE GRISE?
On appelle énergie grise l’énergie qu’il a fallu investir dans les objets que nous achetons pour en extraire leurs matières premières, les fabriquer, les emballer, les transporter, les débarquer, les stocker et les vendre. Sans oublier qu’il faudra encore investir de l’énergie lorsqu’ils arriveront en fin de vie pour les emporter avec les déchets, les trier, les recycler ou les éliminer.

COMMENT PEUT-ON L’ECONOMISER?
Les factures d’électricité, de chauffage ou d’essence nous rappellent que nous consommons beaucoup d’énergie, mais elles ne disent pas tout! Il est une énergie dont nous ne recevons jamais directement la facture : c’est celle relative à l’énergie grise. Ainsi, en Suisse, pour chaque franc dépensé dans l’achat d’un produit, environ 1,2 kilowattheure (kWh) d’énergie grise est consommé, que ce soit dans le pays ou à l’étranger. C’est l’équivalent d’un petit verre de pétrole ou de la quantité d’électricité nécessaire pour faire une vaisselle en machine…

BILAN ENERGETIQUE COMPLET
L’énergie grise contenue dans les différents produits de consommation est très variable : pour la plupart des appareils électroniques, elle est en moyenne trois fois plus grande que l’électricité qu’ils consommeront durant leur durée de vie. En conséquence, sur le plan de leur bilan énergétique global, il vaut mieux les faire durer longtemps plutôt que d’en changer pour des raisons d’économie de courant. En revanche, les appareils électroménagers consomment environ quatre fois plus d’énergie au cours de leur vie que lors de leur fabrication. Ainsi, il vaut la peine de changer un vieux frigo pour acquérir un modèle de la meilleure classe énergétique (A+++), car sa sobriété électrique remboursera en trois ou quatre ans son énergie grise.

ÉNERGIE GRISE & CO2
Consommer de l’énergie grise ne serait pas un problème, si cela n’avait pas d’impacts négatifs sur le dérèglement climatique! La consommation d’énergie est toujours liée à l’émission de gaz à effet de serre – et notamment du gaz carbonique (CO2). Cela paraît évident lorsque l’on brûle des combustibles & carburants d’origine fossile, mais c’est aussi le cas, dans une moindre mesure, pour l’électricité d’origine hydraulique et nucléaire. Pour construire de grandes installations, développer des réseaux de distribution et entretenir l’ensemble de ces infrastructures, cela nécessite l’utilisation de carburants et de combustibles. Ainsi, on peut traduire l’énergie grise investie dans les biens de consommation en un équivalent CO2 – ce qui permet de comparer l’impact climatique de fraises, de matériaux de construction ou de tee-shirts. C’est justement à cela que servent les « grammes de CO2 » qu’on commence à voir sur les étiquettes des produits. En bref, plus un produit est « lourd » en CO2, plus il faut y investir d’énergie non renouvelable pour sa fabrication, son transport, son stockage, sa distribution et son élimination.

TOUTE L’ENERGIE GRISE NE FIGURE PAS DANS LE BILAN NATIONAL DES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE
Lorsqu’on compare l’impact climatique des différentes nations du monde, on ne compte que l’équivalent CO2 qui est émis directement dans le pays. On ne tient pas compte du fait qu’un pays importe et consomme des produits « riches en énergie grise » provenant de l’étranger. Par exemple, les émissions de CO2 découlant de la fabrication d’un téléphone portable seront imputées à la Chine, bien que l’appareil sera utilisé en Europe. Comme c’est le cas pour la plupart des pays de l’Union européenne, la Suisse importe beaucoup de biens de consommation, d’aliments et de produits pétroliers dont l’énergie grise ne figure pas dans sa comptabilité. Si on la prenait en compte, l’impact de notre pays sur le climat serait environ 50% plus important!

NE PAS LA GASPILLER INUTILEMENT!
Chacun mesure l’importance de ne gaspiller ni l’électricité, ni le carburant, ni l’énergie de chauffage. Il est tout aussi important d’économiser cette énergie grise, moins facile à entrevoir. On peut certes comparer les grammes de CO2 sur les étiquettes, mais le plus facile est d’appliquer au quotidien quelques principes simples & basiques :
> Choisir des produits de fabrication & production locales, en matières naturelles et de bonne qualité,
> Prendre soin des appareils pour qu’ils durent plus longtemps, et les faire réparer en cas de panne,
> Partager l’utilisation des objets, en les empruntant et en les prêtant,
> Donner à autrui, ou à une association d’entraide, ce dont on n’a plus besoin plutôt que de les jeter,
> Produire moins de déchets, en recyclant plus & en évitant surtout les produits avec emballages inutiles.
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NB : Pour plus d’informations sur la compréhension de l’énergie grise, se référer au livre intitulé : « En voiture, Simone ! » de Lucien Willemin paru aux Editions G d’encre ; ou sous le site officiel www.lachaussurerouge.ch/collection/en-voiture-simone/

Intégration de l’énergie grise dans la taxe automobile (NE)
Article paru dans le Quotidien Jurassien (30 janvier 2014)

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